Rentrée scolaire, rentrée littéraire, voici une nouvelle histoire, une nouvelle série, une nouvelle vie.

Je vous laisse découvrir ce personnage qui rêve de pouvoir, d’argent, de vengeance aussi et qui finit en prison.

Pourquoi certains d’entre nous mettent-ils leur intelligence au service du mal ? Qu’est-ce qui les fait basculer ?

Peut-on leur pardonner ? Vous n’aurez pas toutes les réponses.

Un épisode par semaine, c’est la sanction 😉 J’attends vos commentaires. 🙂

À jeudi prochain pour le premier épisode.

Prison de Saint Quentin

une petite cellule dont la fenêtre à barreaux est obstinément fermée sur un ciel bas et pluvieux en ce jour de novembre.

La lumière blafarde allumée à longueur de journée apporte sa touche sinistre à ce tableau désolant.

Un prisonnier est assis sur une chaise.

De l’autre côté d’une petite table en bois d’une propreté douteuse, se tient une jeune femme habillée de blanc.

Bonjour Madame.

Vous allez donc venir me voir tous les jeudis pour écouter mes états d’âme ?
Vous êtes très dévouée, ou bien suffisamment désespérée pour n’avoir rien de mieux à faire.
Enfin ça tombe bien, car j’ai besoin de parler à quelqu’un.

Mes compagnons de cellule ne sont pas méchants, j’ai plutôt de la chance, mais ce ne sont pas des interlocuteurs très valables.
D’une part parce qu’ils sont sacrément cons et aussi parce qu’ils n’en ont rien à foutre de ce que j’ai à leur raconter.
De toute façon je ne vois pas pourquoi je me confierais à ces deux baltringues,
même si j’admets que partager une piaule de neuf mètres carrés et des chiottes, crée des liens.
Ici il n’y a pas trente-six solutions, soit vous vous adaptez soit vous vous faites mettre des raclés.
Comme je suis d’un naturel douillet, même si j’ai commencé par me bagarrer, finalement j’ai choisi de faire profil bas,
car mes codétenus ont quelques méfaits à leur actif, ce n’est pas moi qui leur ferai peur,
je préfère donc éviter tout problème et rester discret sur mes exploits.

Mais vous êtes là, pour une raison qui m’échappe, car pour ma part si je n’étais pas obligé de rester ici,
j’aime mieux vous dire que j’éviterais soigneusement ce type d’endroit.
Bon, tant mieux pour moi s’il y a des gens comme vous.

Vous pouvez enregistrer ou prendre des notes, ou les deux, comme vous voulez, ça m’est égal.
Je n’ai pas accepté de me confier à vous pour en tirer profit,
cela fait dix ans que je suis ici et j’en ai encore pour quelques années,
je n’ai aucune idée de l’intérêt que pourraient vous apporter mes propos.
Sans doute aucun, vous en jugerez.

À cinquante-quatre ans j’ai fait une grande partie du chemin, je n’attends plus grand-chose.
Ici on me fout la paix, ils ont fini par s’habituer à moi, comme je me suis habitué à eux.
Le travail n’est pas trop dur.
J’ai passé l’âge de me faire attraper dans les douches.

Le plus pénible ce sont les repas, la bouffe est vraiment dégueulasse.

La seule chose que je vous demanderais si j’osais, serait de m’apporter de temps à autre une friandise.
Personne ne vient me voir, je n’ai donc que l’ordinaire.
Il y a bien le marché noir ici, mais la marchandise reste de qualité très moyenne.

Si vous avez l’occasion de m’apporter quelques fruits de saison, vous ferez de moi le plus heureux des hommes.

Vous voyez que mes désirs sont modestes.

Je ne l’ai pas toujours été, modeste et mes besoins non plus je dois dire.

Déjà fini ?
Bien, à la semaine prochaine alors, nous entrerons dans le vif du sujet.

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